La lumière bleue en question

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Présente en quantité dans les LED et les écrans de SmartPhone, la lumière bleue est aujourd'hui suspectée de nuire à la Santé Visuelle. Ces doutes sont apparus depuis quelques années au sein de la communauté des scientifiques et des chercheurs. Ces doutes ont ensuite été relayés par des fabricants de verres de lunettes, qui ont proposé des verres spéciaux filtrant cette lumière bleue nocive. Le point sur cette lumière bleue.

La lumière noble

L'histoire de la couleur bleue est assez mouvementée. Les romains la considéraient comme une couleur étrangère, et l'associaient aux Barbares. Dans l'iconographie médiévale et les tableaux anciens, la couleur bleue est au contraire associée à la noblesse et à la royauté. Il faut dire que le pigment utilisé pour obtenir le bleu est alors très très couteux. Avec la révolution industrielle, cette couleur se "démocratise". Elle est même aujourd'hui associé à la production de masse d'un pantalon très populaire, le blue jean.

Une lumière porteuse d'énergie.

De l'ensemble des couleurs de l'arc en ciel, le bleu occupe les longueurs d'onde les plus faible, comprise entre 400 et 500 nm. Or pour les physiciens, l'énergie associée à une onde est inversement proportionnelle à la longueur d'onde. En clair, le bleu est associée à un niveau d'énergie plus élevé que les autres couleurs, comme le rouge ou le vert. Il s'agit de l'énergie associée à l'onde. Mais à ce stade, rien n'indique que le bleu est potentiellement nocif pour l'homme.

La première étude Institut de la Vision de 2013

Le premier doute a été soulevé par une étude publiée en 2013 par les équipes de l'Institut de la Vision à Paris. Selon cette étude (publiée dans PLOS), la lumière bleue présente une caractéristique de phototoxicité sur un modèle constitué de cultures de cellules de l'épithélium rétinien. En pratique, les chercheurs ont d'abord mis en culture in-vitro des cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien. Ces cultures ont ensuite été exposées à une dose importante de lumière quasi monochromatique comprise entre 380 et 500 nm (par pas étroit de 5 nm). Après exposition, les scientifiques ont observé le taux de mort cellulaire, l'Apoptose. Résultat : l'Apoptose est plus forte pour une exposition à la lumière comprise entre 415 et 455 nm.

L'étude INSERM de 2016

L'étude de 2013 a été réalisée sur des cultures cellulaires. En 2016, l'INSERM a quand à elle réalisé une étude sur des rats. On passe donc d'une étude IN-VITRO à une étude IN-VIVO chez le rat. Les chercheurs ont soumis des rats à un important niveau d'exposition à la lumière issue de LED, ou de lampes classiques. Pour accélérer le phénomène, la pupille des rats a été dilatée, et le niveau de lumière a été augmentée à 6000 lux, pour une durée d'exposition de 24h. L'étude (publiée dans NeuroScience) montre que la rétine des rats exposés aux LED présentent des signes d'inflammation. Les auteurs précisent que pour l'instant, aucun résultat n'a été obtenu sur l'homme.

Quel est le lien entre LED blanche et lumière bleue ?

Dans la discussion de l'étude INSERM, les chercheurs émettent l'hypothèse que la lumière bleue contenue dans les LED pourrait être à l'origine de l'inflammation observée au niveau de la rétine. Pourquoi les LED contiendrait-elle plus de bleu que les ampoules classiques ? Tout simplement parce qu'une LED blanche, c'est d'abord une LED bleue. En effet, une LED est un semi conducteur qui n'émet qu'une seule longueur d'onde. Le blanc est obtenu à l'aide d'un luminophore, qui converti la longueur d'onde primaire de base en un spectre large imitant le blanc. Or, pour les LED blanches, cette longueur d'onde de base est dans le bleu. Et il reste une part non négligeable de cette longueur d'onde primaire bleu dans le spectre blanc final de la LED.

Faut-il avoir peur des LED pour le travail sur écran ?

Il est certain qu'aujourd'hui, les LED sont partout autour de nous : dans nos smartphones, nos ordinateurs, et de plus en plus dans nos ampoules. Le travail sur écran est donc particulièrement concerné par l'impact éventuel de cette lumière bleue. Or, les 2 études Institut de la Vision et INSERM doivent nous interroger sur l'impact du bleu résiduel sur notre vision. Pour l'instant, aucun résultat n'a été obtenu directement chez l'homme mais en application du principe de précaution, certains fabricants de verres de lunettes proposent d'ores et déjà des verres antibleu. C'est pas exemple le cas d'Essilor avec le traitement Prevencia. En attendant, il est conseillé de garder un oeil sur le bleu, afin de suivre les nouvelles études sur le sujet.